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LES FRERES BARGIEL ET LEUR DRONE : UNE REVOLUTION POUR L’ALPINISME HIMALAYEN

Le 22 juillet 2018, Andrzej Bargiel réussit l’exploit retentissant de descendre à ski le sommet du K2, deuxième plus haut sommet du monde et considéré comme le plus difficile. Cette réussite, il la doit en partie à un drone, piloté depuis le camp de base, par son frère Bartek.


Andrzej Bargiel @Redbull


Plus haute chaine de montagne du monde, l’Himalaya est aussi la plus dangereuse avec sa célèbre « death zone » située au-dessus de 8000m. Ces sommets, d’une beauté sans égale, sont aussi le lieu de tous les dangers. Ils témoignent du décès de nombreux alpinistes dont récemment ceux des célèbres Ueli Steck et Adam Bielecki.

L’expédition des frères Bargiel, révolutionnaire pour le monde de l’alpinisme est en réalité un exploit sportif qui a permis de mettre en lumière les multiples utilités d’un drone en Himalaya.

Pour Bartek qui est le précurseur de l’utilisation de ces appareils au-dessus de 8000m la révolution n’est qu’à son début avec l’amélioration grandissante de la technologie. En précisant toutefois que la performance reste pour l’instant limitée à des conditions « d’été », il n’a aucun doute sur le fait que les drones soient d’une aide incommensurable dans le monde de l’alpinisme.

Il y a quelques jours, le documentaire sur l’expédition historique d’Andrzej Bargiel était dévoilé par Red Bull. Extrait de ce long métrage, une vidéo a été mise en ligne, se focalisant sur l’utilité du drone lors de cet accomplissement. Déjà employé plusieurs fois par le passé, l’appareil n’a jamais réussi à dépasser les 8000m d’altitude. Comme le précise Bartek, dans un endroit si reculé, de nombreuses causes telles que de forts vents, de faibles températures, ou encore la diminution de la pression de l’air peuvent être à l’origine de dysfonctionnement de la technologie. Pour permettre un accompagnement par drone à son frère jusqu’au sommet soit 8611m, Bartek a donc modifier les paramètres de base en augmentant la vitesse de vol et la portée de celui-ci.

« Les risques sont nombreux et imprévisibles à ces altitudes-là, il est nécessaire d’être créatif afin d’avoir réponse aux problèmes qui peuvent se présenter » explique Adrian Bellinger, himalayiste américain fort de son expérience sur le K2, gravi en 2019 sans oxygène. Les multiples fonctions qu’offre un drone, le rendent donc indispensable d’après lui.


Repérer les voies d’ascension


A l’aide des images d’une grande qualité fournies par leur drone, Andrzej et Bartek ont pu analyser les voies d’ascension jusqu’au sommet sans courir aucun risque et sans dépenser la moindre énergie. Positionné au camp de base, ils ont pu également vérifier l’état des cordes mises à disposition lors de la montée.


Les impressionantes faces sud, est et nord du K2 vues grâce au drone de Bartek @Redbull


Sauver des vies


En effectuant des manœuvres de repérage autour du K2, les deux frères Bargiel ont remarqué qu’un alpiniste écossais était en danger sur une des faces du Broad Peak. Après sa chute d’une paroi, l’homme s’était retrouvé perdu au-dessus de 7000m, à bout de force. Positionné à quelques mètres au-dessus d’une crevasse profonde de plus de 2km sur le sommet voisin, Andrzej, Bartek et leur équipe ont donc décidé d’établir une stratégie permettant de secourir l’individu à distance. En approchant le drone à quelques mètres de l’écossais pour lui faire reprendre espoir, le pilote polonais a ensuite pu lui montrer la voie par laquelle il pouvait redescendre. Soulagement quelques heures plus tard, en le sachant sain et sauf.


Découverte de l’alpiniste écossais en perdition au-dessus d’une crevasse sur une des faces du BroadPeak @Redbull


Aide d’urgence


Installé à 7000m et atteint de douleur de tête lors de son ascension, Andrzej s’est vu recevoir des médicaments de la part de son frère grâce à leur drone. Tout cela, sans aucune mise en danger de la vie d’autrui.

A des altitudes plus basses, Bartek précise que des GPS, des cordes ou encore de la nourriture pourraient être apportées en cas de besoin.


Réception du drone à 7000m d’altitude, apportant paracétamol, tramal et autres médicaments à Andrzej @Redbull


Guider les alpinistes


Outre le fait d’obtenir des images aériennes exceptionnelles par leur rareté et leur qualité à de telles altitudes, les drones permettent de tenir informer l’alpiniste des dangers qui lui font face.

A l’aide d’un talkie-walkie, Bartek a pu guider son frère tout au long de sa descente lui évitant ainsi crevasses, séracs, pierres… Une économie d’énergie non négligeable lorsqu’on sait qu’à de telles altitudes, un manque de lucidité peut être fatal.


Moment de doute pour Andrzej avant de s'engager dans la traversée Messner à 7000m d'altitude @Redbull


A n’en plus douter, l’utilisation du drone dans le monde de l’alpinisme est une véritable révolution, reste à savoir si les principaux concernés souhaiteront l’utiliser…




Vincent Girard

 
 
 

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