MARE VIVU, L'ASSOCIATION PROTECTRICE DU LITTORAL CORSE
- vgirard33

- 1 sept. 2020
- 4 min de lecture
Chaque seconde, plus de 300kg de plastique sont déversés dans les océans. Premières victimes de la pollution plastique dans le monde, leurs profondeurs et notre méconnaissance à leurs sujets les rendent pourtant silencieux. Pour éviter que ce silence ne fasse disparaitre la biodiversité qu’ils abritent, l’association Corse, Mare Vivu, s’emploie à préserver au mieux son rivage des déchets polluants, à travers sa mission de protection et de sensibilisation, CorSeaCare.

Arrivée des deux kayaks trimarans de l’association Mare Vivu dans une crique. Crédit photo : Mare Vivu.
Destination préférée des français, « l’île de beauté », comme on la surnomme, possède tous les atouts nécessaires à faire rêver des millions de touristes chaque année. Entre ses plages paradisiaques, ses montagnes escarpées, et sa culture unique, la Corse est un dépaysement total pour tous les visiteurs.
Victime de son succès, l’île en subit aujourd’hui les conséquences. L’ignorance, et le non-respect de l’environnement de nombreux vacanciers, de locaux, de pays voisins… participent activement à une pollution plastique importante et à la mise à mal de la biodiversité. Face à cette crise environnementale, l’association Mare Vivu lutte de son mieux. Chaque été, est menée la mission CorSeaCare, visant à sensibiliser la population à la protection de l’environnement, à collecter des données sur les écosystèmes marins et à lutter contre la pollution plastique en Méditerranée. Tout ceci, en étant engagée, dans la recherche low-tech et la promotion du zéro déchet.
Une association écoresponsable
Mare Vivu, « que la mer vive », a été fondée en 2016, par Pierre-Ange Giudicelli et Anthony-Louis Fusella, deux étudiants corses, sensibles à la protection de l’environnement marin en Méditerranée. Souhaitant initialement se lancer le challenge sportif d’effectuer le tour de la corse en kayak trimaran, les deux amis ont eu l’idée d’agir par la même occasion, en dépolluant les sites naturels afin de les préserver. Depuis 2016, l’association doit en partie son développement à l’intérêt que portent de jeunes étudiants, conscients de l’enjeu environnemental auquel l’île fait face.

Les bénévoles de l’association Mare Vivu lors de la mission CorSeaCare 2020. Crédit photo : Jean Baptiste Andreani/Olmu Productions
En 2018, Mare Vivu a été récompensée pour son engagement et son dynamisme, en recevant le prix de la « Biodiversité » par le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire. Décidée à protéger au mieux l’environnement, l’association organise chaque année sa mission d’écovolontariat, CorSeaCare.
Une mission scientifique et environnementale

Kayaks trimarans de l’association Mare Vivu. Crédit photo : Jean Baptiste Andreani/Olmu Productions
A bord de deux embarcations, les bénévoles sillonnent chaque été les côtes corses pendant un mois, à la recherche de témoignages sur la santé des écosystèmes marins. A travers ces missions, les acteurs de CorSeaCare, souhaitent attirer l’attention de la population corse et des touristes de trois façons.
Tout d’abord, en informant sur la situation environnementale réelle en Méditerranée. Mare Vivu désire établir un lien entre les recherches scientifiques les plus récentes (relevés hydrobiacoustiques de la pollution sonore, transects de macrodéchets, prélèvements de zooplancton) et le grand public dans le but d’une démocratisation du savoir scientifique.
En fédérant les acteurs scientifiques et associatifs autours de projets innovants et à fort rayonnement médiatique, pour donner plus d’audience aux actions d’intérêt patrimonial et environnemental.
Enfin, en encourageant l’implication des citoyens au travers d’actions inédites et engageantes, de façon à rassembler un grand nombre de personnes autour des valeurs d’écoresponsabilités.
La pollution plastique, au cœur du problème.
Les images sont frappantes et parlent d’elles même. Chaque été, les bénévoles de CorSeaCare ramassent des dizaines de kilos de déchets sur les plages corses. Au-delà de les collecter, l’association s’emploie à retrouver leur provenance afin d’identifier l’origine du problème.

Collecte de déchets polluants. Crédit photo : Mare Vivu
A l’aide des biomédias ramassés sur les plages, supports utilisés dans les stations d’épurations pour traiter les eaux usées, les acteurs de Mare Vivu peuvent remonter à la source de cette pollution. A la grande surprise de tous, les objets polluants proviennent en grande partie du continent et non des plaisanciers. Portés par les vents et les courants, certains résidus se retrouvent en mer et se dégradent tandis que d’autres s’accumulent sur les plages.
Sensibliser, c’est préserver.
Souhaitant constituer un pôle d’excellence en sciences participatives et environnementales en Corse, les bénévoles de CorSeacare, ont conscience qu’effectuer de simples relevés scientifiques ne suffisent pas à faire prendre conscience de la situation critique.

Réalisation d’objet en plastique recyclé, lors de l’activité « Art Plastique ». Crédit photo : Jean Baptiste Andreani/Olmu Productions
« Jamais, je n’aurais pensé voir des nappes de déchets flottants sur mon île, dans le Golfe de Porto. » confiait Emma Mari, après la mission CorSeaCare 2020. Jeune corse, Emma a découvert l’association par le biais de campagnes de sensibilisation. C’est de cette façon que Mare Vivu souhaite mobiliser une jeunesse engagée pour la sauvegarde et la valorisation de la biodiversité marine. Pour cela de nombreuses activités sont encadrées par l’association.
Pour les plus grands, des projections de films appelés Ciné’mare et des collectes de déchets sur le littoral corse sont organisées afin de sensibiliser à l’érosion de la biodiversité par l’Homme et à la pollution plastique.
Pour les enfants, des activités pédagogiques sont mises en place, (« Art Plastique », « EcoLanta ») dans le but de leur faire prendre conscience dès leur plus jeune âge des enjeux environnementaux en Méditerranée.
En plein essor depuis sa création il y a 4 ans, Mare Vivu est aujourd’hui reconnue comme une association de référence dans la lutte contre la pollution marine. Malgré une mission CorSeaCare 2020 quelque peu perturbée par le COVID-19 et les distanciations sociales, la sensibilisation réalisée auprès de la population semble fonctionner puisque l’association reçoit de nombreuses sollicitations depuis. Une bonne nouvelle qui redonne espoir en la préservation de ce patrimoine naturel.



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